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Oméga-3 & oméga-6 : pourquoi le rapport compte

6 min de lecture

Le déséquilibre dans l’alimentation occidentale

Les oméga-3 et les oméga-6 sont tous deux des acides gras essentiels. Le corps ne peut pas les produire lui-même et dépend de l’apport alimentaire. Les deux remplissent des fonctions importantes. Cependant, c’est le rapport entre les deux qui est déterminant.

L’alimentation humaine traditionnelle présentait un rapport oméga-6/oméga-3 d’environ 1:1 à 4:1. Dans l’alimentation occidentale moderne, ce rapport se situe entre 15:1 et 20:1 selon Simopoulos (2002). Cet excès notable d’oméga-6 est discuté dans la littérature de recherche nutritionnelle.

Pourquoi le rapport est important

Les oméga-3 et les oméga-6 sont des précurseurs de groupes différents de molécules de signalisation (eicosanoïdes) dans l’organisme. Les eicosanoïdes correspondants remplissent des rôles biologiques distincts. Les deux familles d’acides gras sont essentielles : le corps en a besoin pour de nombreux processus métaboliques. La recherche nutritionnelle étudie le rôle que joue le rapport entre les deux groupes dans le métabolisme.

Un rapport de 2:1 à 4:1 (oméga-6/oméga-3) est discuté dans la littérature comme équilibré (Simopoulos, 2002).

Oméga-3 : les trois formes principales

FormeSourcesRemarque
ALA (acide alpha-linolénique)Huile de lin, graines de chia, noix, huile de chanvrePrécurseur végétal
EPA (acide eicosapentaénoïque)Poisson gras, huile d’alguesPrécurseur de certains eicosanoïdes
DHA (acide docosahexaénoïque)Poisson gras, huile d’alguesComposant structurel des membranes cellulaires, notamment dans le cerveau et la rétine

La conversion de l’ALA

Le corps peut convertir l’ALA en EPA et DHA. Cependant, le taux de conversion est limité. Les études montrent que seulement 5 à 10% de l’ALA est converti en EPA et moins de 5% en DHA (Burdge & Calder, 2005). Le taux est légèrement plus élevé chez les femmes, probablement en raison de l’influence des oestrogènes.

Cela signifie que les sources végétales d’oméga-3 sont précieuses, mais qu’elles pourraient ne pas suffire à couvrir les besoins en EPA et DHA. L’huile d’algues peut constituer une alternative végétale à l’huile de poisson.

Quelles huiles ont un bon rapport ?

HuileOméga-6 : Oméga-3Evaluation
Huile de linenv. 1:4Très bon (plus d’oméga-3 que d’oméga-6)
Huile de chanvreenv. 3:1Bon
Huile de colzaenv. 2:1Bon
Huile d’oliveenv. 10:1Neutre (faibles quantités des deux)
Huile de tournesolenv. 120:1Défavorable
Huile de maïsenv. 46:1Défavorable
Huile de sojaenv. 7:1Moyen

L’huile de tournesol et l’huile de maïs sont très répandues dans l’alimentation occidentale. On les retrouve particulièrement dans les aliments transformés, les plats préparés et les snacks. C’est l’une des principales raisons du rapport défavorable.

Sources végétales d’oméga-3

Pour augmenter son apport en oméga-3, on peut miser sur les aliments suivants, riches en ALA :

  • Graines de lin / huile de lin : Source végétale la plus riche en ALA (env. 53% d’ALA)
  • Graines de chia : Env. 18% d’ALA, également riches en fibres
  • Graines de chanvre / huile de chanvre : Bon rapport oméga-6/oméga-3 de 3:1
  • Noix : Env. 9% d’ALA, faciles à intégrer comme en-cas
  • Huile de colza : Bonne alternative quotidienne pour la cuisson

Conseils pratiques pour un meilleur rapport

Choisir ses huiles avec soin

Remplacer l’huile de tournesol et l’huile de maïs par l’huile de colza, l’huile de lin ou l’huile d’olive. L’huile de colza ou d’olive convient pour la cuisson. L’huile de lin doit être utilisée uniquement à froid (par exemple dans les salades ou le muesli).

Intégrer des graines et des noix

Une cuillère à soupe de graines de lin moulues dans le muesli ou le yaourt apporte déjà environ 2,3 g d’ALA. Les noix en collation ou dans les salades sont un complément simple.

Réduire les aliments transformés

Les plats préparés, les chips, les pâtisseries et le fast-food contiennent souvent de grandes quantités d’huile de tournesol ou d’autres huiles riches en oméga-6. En consommer moins améliore automatiquement le rapport.

Apporter directement de l’EPA et du DHA

En raison de la conversion limitée de l’ALA, un apport direct en EPA et DHA peut être utile. Deux options :

  • Poisson gras : Saumon, maquereau, sardines (2 à 3 portions par semaine)
  • Huile d’algues : Alternative végétale qui fournit directement de l’EPA et du DHA. Particulièrement adaptée à l’alimentation végétarienne ou végane.

Que dit la recherche ?

La revue de Simopoulos (2002) aborde le rapport oméga-6/oméga-3 comme un aspect de la qualité globale de l’alimentation. L’autrice considère qu’un rapport équilibré peut être vu comme un objectif souhaitable d’une alimentation variée.

Calder (2015) décrit dans sa revue comment les acides gras oméga-3 marins (EPA et DHA) interviennent dans le métabolisme des eicosanoïdes. La recherche s’intéresse activement au rôle de ces acides gras dans le métabolisme.

Le DHA contribue au maintien d’une fonction cérébrale normale et d’une vision normale (allégation de santé autorisée, EFSA). Un apport quotidien de 250 mg de DHA est nécessaire. L’EPA et le DHA contribuent également à une fonction cardiaque normale (allégation de santé autorisée, EFSA). Un apport quotidien de 250 mg d’EPA et de DHA est nécessaire.

Conclusion

Le rapport oméga-6/oméga-3 dans l’alimentation occidentale est nettement déséquilibré. De petits changements dans le choix des huiles, l’utilisation régulière de graines et de noix, ainsi que l’apport direct d’EPA et de DHA peuvent améliorer ce rapport. L’objectif n’est pas d’éviter les oméga-6. Les deux acides gras sont essentiels. Le but est un rapport équilibré que le corps peut utiliser de manière optimale.


Sources :

  • Simopoulos AP (2002). The importance of the ratio of omega-6/omega-3 essential fatty acids. Biomedicine & Pharmacotherapy, 56(8), 365-379.
  • Calder PC (2015). Marine omega-3 fatty acids and inflammatory processes: Effects, mechanisms and clinical relevance. Biochimica et Biophysica Acta, 1851(4), 469-484.
  • Burdge GC & Calder PC (2005). Conversion of alpha-linolenic acid to longer-chain polyunsaturated fatty acids in human adults. Reproduction Nutrition Development, 45(5), 581-597.

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